Tout c'est déroulé comme prévu. Les garçons ont gagnés les trois comets et même le Supercomet. Ils ont feint la surprise à chaque fois et Bill à même failli nous décrocher une petite larme. David sautillait comme une puce à chaque fois que les présentateurs criait "TOKIO HOTEL" déclanchant ainsi les hurlements de la foule. Il se frottait les mains dans un tic nerveux qu'il avait depuis que le succès des garçons était venu toquer à sa porte. J'ai observé tout ce petit manège depuis une des loges où un écran géant rediffusait la cérémonie en compagnie de Nathalie. Elle ne cessait de jouer avec son téléphone. Son mari l'attendait, après ce soir, elle était en vacances pour une semaine. Nous retournions à Hambourg et les garçons allaient travailler un peu sur le nouvel album qui était quasiment terminé malgré leur démentis publiques. Et oui, il faut bien faire croire à tout le monde qu'ils vont bosser durs durant les prochains mois ces petits. Bosser dur, ou pas d'ailleurs. Ils vont surtout se prendre trois mois de repos bien mérité avant de commencer 2009 en beauté. Vous n'imaginez pas ce qui vous attends, oh non.
Après la cérémonie, les autographes, les interviews, les fans hystériques et autres, Bill, Tom et David sont allé en Afterparty, histoire-de, alors que je suis partie avec Georg et Gustav dans une boîte de nuit de Dusseldorf. Il était prévu que les jumeaux nous rejoignent plus tard, si toute fois ils tenaient encore debout. Les deux G n'allaient que très rarement en afterparty, ils n'aimaient pas ça et leurs présences n'étaient apparement pas obligatoire donc ils préferaient nettement aller se bourrer la gueule dans un club privé. Et moi aussi. Le plus fêtard était Georg, sans aucun doute, et il avait la fâcheuse tendance à m'entraîner avec lui.
Les verres s'entassaient sur la table basse de notre coin VIP, l'heure était assez avancée et Gustav avait déjà disparu avec une très belle blonde. J'étais entrain de danser collé-serré avec Georg quand les jumeaux firent leur apparition. Je sautai au cou de Bill qui vascilla et manqua de nous faire tomber.
- Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiill !
- Ta gueule, j'ai entendu ça toute la soirée.
Sourire moqueur. Je sais qu'il déteste ça mais je le fais quand même. Tom a l'air plutôt renfrogné, il a du se passer quelque chose. Un signe de tête à Bill lui suffit pour comprendre qu'il doit m'expliquer.
- Il était sur le point de conclure un plan à trois quand David nous a dit qu'on partait.
- Oh ... je vois .... !
Le dit Tom-le-tombeur-de-ses-dames me tire la langue et se fait un shot de Vodka posé sur la table. Comme si il n'avait pas assez d'alcool dans le sang. Il se laisse tomber sur le canapé et Georg se rassoit à côté de lui. Le bassiste sort un petit sachet de poudre blanche de sa poche et l'agite doucement sous le nez de Tom qui se remet à sourire niaisement. Sourire niais que nous avons tous sur notre visage au passage. Il débarrasse un bout de la table et trace un nombre équitable de lignes. Chacun se fait son petit plaisir et Georg range le matériel. Quoi, vous êtes étonnés ? Choqués ? Nous n'évoluons pas dans le même monde mes chéris. L'alcool continuant de couler à flot, nos pensées se font de moins en moins cohérante. Je rigole sans cesse, accompagné par Bill. On se moque de Tom et Georg qui ont prit une pauvre nana en sandwich sur la piste de danse. Ils se livrent une guerre silencieuse pour savoir lequel finira avec. Mais défoncés comme ils sont, ils pourraient très bien finir tous les trois ensemble. J'ai mal au ventre à force de rire. Bill me choppe la main et m'entraîne sur la piste, une coupe de champagne à la main. Je me colle contre lui et ondule scandaleusement du bassin. Il sourit et me fait boire un peu dans sa coupe avant de la balancer vide plus loin. Ses mains glissent sur moi et froissent ma robe courte. Je respire son odeur, il sent si bon. La danse se fait plus langoureuse et je sens qu'il réagit. Un sourire narquois s'affiche sur mon visage alors qu'il me garde contre lui et joue au même jeu que moi.
- Bill, tu bandes.
- Ta gueule, je sais.
- Mon dieu, Bill Kaulitz bande pour une ... fille !
Je me remet à rire alors qu'il donne un coup de bassin contre mes hanches pour me prouver que j'ai bien raison.
- Jusqu'à preuve du contraire, t'es pas un mec effectivement.
- Non, pour ça faut aller voir Georg.
- Et je te rapelle que je ne suis pas homo.
- Mais tu n'es pas hétéro non plus mon coeur.
Sourire. Il plonge son regard dans le mien et rit légérement. Je suis captivée. Ce mec transpire le sexe. Comment toutes ces nanas peuvent l'imaginer puceau et sage comme une image ? Comment ? Franchement ça me dépasse. Mes mains aggripent ses fesses et je me colle encore un peu plus contre lui. Ma tête tourne délicieusement, la musique résonne dans ma tête.
Jeunesse se fait.
Tout semble si parfait et pourtant, pourtant, sous cette atmosphère embrumée par l'alcool et la drogue se cachent bien des secrets. Ce soir je suis leur égale, leur alter-ego féminin. Ce soir je suis de repos moi aussi. Mais demain ... demain ...